Bloub et ses lectures

13 janvier 2008

04. Clair de femme, Romain Gary.

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Bloub résume (un peu)

C'est une histoire d'amour. Ou plutôt, non, une histoire d'un affamé d'amour, dont le besoin d'aimer  devient presque névrotique. Michel semble seul, tout comme son ami qu'il n'a jamais rencontré auparavant, senor Galba. Michel refuse l'idée d'aimer à nouveau entièrement, et répète sans cesse que ce n'est qu'une histoire d'entraide, de fraternité, entre lui et Lydia. Parce qu'ils sont désespérés, semblables, et ont aimé, et ont été aimés, et qu'aujourd'hui ils ont besoin d'aide.

C'est une histoire où un chimpanzé et un caniche rose dansent le paso doble, parce que leur numéro reste une oeuvre incroyable et résume la vie entière d'un artiste incompris. C'est une histoire où une mère aime son fils à tel point qu'elle le préfére malade et handicapé plutôt qu'heureux et amoureux, car ainsi, il reste avec elle. C'est une histoire où un couple se forme, couple où les identités sexuelles se mêlent, rendant le féminin masculin et vice versa. Qu'est-ce qu'un couple, après tout? Fidélité, même après la mort, même après la vie, pendant combien de temps? Amour, même si pleurs et éloignement, et déchirements passés?
L'histoire de Michel et Yannick était unique, celle entre Michel et Lydia l'est également. Mais la recherche absolue et bornée d'une femme à aimer, même si elle semble nécessaire au nécessiteux, n'est qu'une promesse de prison trop grande pour celle qui ne veut pas devenir un objet de culte.

Extraits.

« Cloclo baba pisse pisse macache, dit-il, et il eut un geste aimable vers la moquette, comme pour m'inviter à m'asseoir.

- Merci, dis-je, car cela ne pouvait faire de mal »

« Oui, il y a un grand poète qui l'a admirablement  exprimé, un grand poète qui n'a rien écrit, qui n'a pas parlé de l'amour et a su dire ainsi la part immense que tient  dans nos vies son absence »

« JE pars parce que tu es saoul de malheur et que je ne sais même pas qui tu es vraiment. »

« Elle sanglotait. J'étais heureux. Nous étions déjà ensemble.
- Lydia, pars tranquillement. Pars aussi loin que tu peux. Reste aussi longtemps que tu doutes. Fais d'autres rencontres. Vis pendant quelques temps d'arrêts d'autobus. (...) Je t'attendrai à l'arrivée. »

Opinion.

Je me suis totalement fait avoir par le résumé qui se trouvait sur la quatrième de couverture. JE pensais que ce serait une ode à l'amour et au couple via la réincarnation de Yannick, morte, qui se retrouverait ensuite en Lydia. Pas du tout. Au temps pour moi.
Clair de Femme reste forcément très agréable à lire, cependant l'obsession de Michel devient oppressante, et je me suis souvent surprise à penser que ouf, heureusement que je ne suis pas Lydia. Ainsi, ce « chant d'amour (...) au couple » m'en a plus dégoûtée qu'autre chose. Parce que les sentiments y sont exacerbés, trop puissants, trop étouffants, presque religieux. Est-ce vraiment l'amour de Lydia que Michel cherche, ou bien vit-il dans le souvenir de Yannick et ne veut-il que se sauver lui même de sa solitude? Gary manie toujours les mots aussi bien, et les phrases sont délicieuses... ce qui ne m'empêche pas de regretter un récit finalement pas si bien mené que ça. C'est  peut être moi qui en attendait trop ou n'ait pas compris le roman, mais quoiqu'il en soit, Clair de Femme ne m'a pas procuré le bonheur de lecture éprouvé lorsque j'avalais La vie devant soi.

Opinion mitigée, donc...

Opinion technique.

Facile à lire. Je veux dire, pas de vocabulaire pompeux ou de phrases à rallonge... Sauf que parfois il est difficile de savoir où on se situe. Est-ce Michel qui évoque Lydia, ou bien sommes nous dans un flash back? Finalement, cela traduit sûrement la confusion qui règne dans l'esprit de Michel, prisonner sans l'admettre de son ancienne compage Yannick, mais déterminé à emmener Lydia dans une aventure nommée « vie ». L'entrelas des souvenirs et du présent est compliqué, et je n'ai pas trouvé agréable de m'interroger quelques fois : « où suis-je? Qui parle? » Alors que je pensais que Yannick était morte depuis longtemps, voilà que j'apprends que sa mort est très très très récente, ai-je mal lu ou est-ce fait exprès, je ne sais pas. Ce n'est qu'un exemple, mais en bref, les transitions à mon goût auraient pu être plus claires...

Notation:
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Posté par Eyndroth à 19:49 - G - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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