Bloub et ses lectures

30 avril 2009

Liste

Avertissement.

Ce blog n'est en RIEN un blog d'analyse littéraire. Je me contente d'émettre mes opinions personnelles, les réflexions que m'ont soulevé la lecture des ouvrages, et de les résumer à ma façon, plus ou moins efficace (d'où la présence du "résumé officiel", le quatrième de couverture). Mon but est de donner envie, de faire découvrir, de garder une trace de mes lectures (moi ayant une mémoire malheureusement trop peu fiable). Ainsi, la plupart de mes billets sont composés des parties:
* Bloub résume (un peu) où je résume (quelques fois, en essayant de "copier" le style de l'auteur, exercice ô combien difficile) à ma façon ma lecture, puis
** Résumé Officiel, où je me contente de vous donner le vrai 4ème de couverture
*** Extraits, pour vous donner un aperçu
**** Opinion, où je déballe tout ce que m'a inspiré le livre
***** Opinion technique, où je livre mes impressions quant au style / traduction, etc.
Si vous êtes collégien/lycéen en recherche de commentaire, de fiche, d'idées sur une œuvre, veuillez passer votre chemin et ne pas vous baser sur mes dires.
Pour les autres, bonne lecture !

Bloub.

Dernier ajout: 29 novembre 2009 (billet à venir):  16. Pilgrim, Timothy Findley
15. Du moment que ce n'est pas sexuel, Gudule.
14
. Partir, Tahar Ben Jelloun
13. Le chat qui venait du ciel, Hiraide Takashi.
12. Une histoire de clés, Nathalie Akoun.
11. A Rebours, J-K Huysmans.
10. La Maison du Sommeil, Jonathan Coe.                              
09. Le Mur, Jean Paul Sartre.
08. L'enfance, Nathalie Sarraute.
07. Le Joueur d'Echecs, Stefan Sweig.
06. Le Bâtisseur de Ruines, Clarice Lispector.
05. Le mystère de la Patience, Jostein Gaarder.
04. Clair de Femme, Romain Gary.
03. Mythologies, Roland Barthes.
02. La Vie devant Soi, Romain Gary.
01. L'Ecume des Jours, Boris Vian.

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28 avril 2009

Résurrection?

Du travail, j'en ai. Beaucoup. Sûrement est-ce à cause de ça que j'ai envie de le fuir le plus possible (huez moi) et que la folle envie de ressusciter cet espace de lecture m'a prise. Voilà donc une remise à jour, l'édition des messages et à venir (très irrégulièrement), de nouvelles (improbables) critiques. Tout de suite, sous vos yeux ébahis : Du moment que ce n'est pas sexuel, de Gudule. Puis à venir, la Mécanique du Coeur de Mathias Malzieu (en août 2018, donc) (mais c'est parce que je mets 1h et demie environ à rédiger un billet qu'il y en a si peu souvent. C'est dur de résumer, de retrouver les extraits intéressants, de s'exprimer, ... si si.)

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15. Du moment que ce n'est pas sexuel, Gudule

du_moment_queBloub résume (un peu)

C'est l'histoire de Nora, une fleur fragile et délicate, et de Charlie, un clown un peu largué. Mais boudiou, ils sont heureux, ces deux-là, sont mignons. A l'abri dans leur serre, loin de la ville, des complications, de la réalité. Une vie de bohème, une vie pleine de bonheur simple, une vie d'amoureux.

Mais voilà, il y a aussi le rêve du clown, qui paradoxalement, les renvoie de plein fouet dans la réalité. Le choc est rude, brutal, et Nora craque, Nora pleure, et Charlie aussi, qu'elle est malheureuse sa petite fleur, hors de question de la laisser dépérir, alors tant pis. Nora se reprend, Nora se revigore, mais voilà, Nora aime Charlie. Et elle l'aime trop. Et Nora n'est pas assez forte pour résister à cet amour. Nora veut qu'il soit heureux, qu'il resplendisse, alors elle va se sacrifier, sacrifier son bonheur, se disant qu'elle l'aime et que ce qui compte, c'est qu'il soit heureux, mais la petite fleur ne résistera pas et ira trop loin dans l'idée obsessionnelle de se sacrifier pour le petit clown. Paris la mangera, la dévastera. A force de vouloir se priver de soleil pour faire pousser les autres, la fleur se fanera, lentement, doucement, gangrenée par un mal insidieux, une maladie contre laquelle elle ne peut plus lutter et l'issue sera tragique, car Paris, incarnation de la vie et ses réalités sombres, est bien trop forte et angoissante pour la fleur, rêveuse et toute frêle.


Résumé officiel.

Nora aime Charlie, Charlie aime Nora. Ce pourrait être la happy end d'un roman, ça n'en est que le début. Car il y a la vie, le regard des autres, le succès, la peur, la culpabilité... A force de vivre d'amour et d'eau fraîche, ils avaient oublié que le monde existe, et qu'il se compose de mille petites choses qui séparent les couples. Fin de la fusion. Charlie se laisse embarquer dans une belle aventure professionnelle, Nora suit  vaille que vaille. Puis elle est distancée et se retire du jeu. Commence alors pour elle une douloureuse errance dans le Paris des parias. Elle réapprend la liberté – antithèse de la passion – et cette liberté , rencontre après rencontre, va la mener tout droit de l'autre côté du miroir.

Extraits.

Dans les rues que le soleil rase et où l'ombre bleue lentement s'insinue, la flânerie est de rigueur. Les passantes trimbalent une sensualité lascive dans leur démarche, le négligé de leur tenue, une épaule nue, l'amorce d'un sein. Une cuisse trahie, l'espace d'un éclair, par la jupe fendue. Des pieds que les chaussures n'emprisonnent plus. Une odeur de peau, sauvage et douce, flotte dans l'air.
- Chouette, hein? Murmure Nora.
- Chouette, approuve Charlie.
Ils s'embrassent, histoire d'être à l'unisson. Et de partager le goût de la bière, en sus.

- Tu fais ça seule?
- Non, avec un copain.
Elle n'a pas dit mon mari. Elle ne l'a pas dit. Pour l'heure, elle le renie: il est la propriété de Boris.

Elle est longiligne, splendide et terrifiante. (…) Elle toise Nora qui rétrécit à mesure, et d'une lèvre violine  en accent circonflexe, lâche:
- C'est quoi, ça?
« Ça » se ratatine encore davantage. Jusqu'à se fondre dans le néant.

Il serait peut être temps de couper le cordon, les p'tit loups! Vous êtes des individus, des in-di-vi-dus! Tu as ton destin, Charlie, et Nora le sien. L'entité bicéphale que je vois devant moi, il n'y a rien de plus négatif, de plus stérile. Chacun freine l'autre dans ses aspiration, de peur d'être lésés. Vous tissez autour de vous un cocon de méfiance, d'indisponibilité, d'interdits – dont celui de vous épanouir pleinement n'est pas le moindre. Et vous tournez le dos à l'avenir.

L'ange a un sourire très doux.
- Elle est pute avant d'être handicapée, tu sais! (...)Eh beh dis donc, t'as un sacré paquets de préjugés, dans ta p'tite caboche, constate l 'ange tristement. Tu fais partie de ceux qui pensent que le plaisir est réservé aux gens beaux, jeunes et en bonne santé, c'est ça?  (…) Tu as entendu parler des peintres du pied?  Des artistes manchots qui domptent leurs orteils au point de les rendre aussi habiles que des doigts, et produisent des oeuvres remarquables? Eh bien Lulu, c'est pareil: sa survie passe par son boulot. Et elle se dérouillera pour l'exercer, quelle que soit sa condition physique.
- Mais toi, toi qui l'aimes, comment peux-tu supporter ça?
- J'en crève... Mais je le foutrai jamais en cage, cet oiseau là, jamais! Surtout s'il ne peut plus voler!


Opinion.

Je ne suis pas sortie indemne de la lecture de ce livre. Nora est belle, Nora est une femme, mais Nora aime, aime trop, aime d'un amour oppressant, étouffant, malade et pourtant innocent, enfantin, absolu. On la suit dans sa descente en enfer, dans ses errances citadines, où les autres sont amis et ennemis à la fois, dangers et refuges. Le monde des parias, le monde des putes et des clodos, des saltimbanques ivres et de la baise nocturne dans les jardins sales, ce monde inconnu qui vit et grouille dans le métro et les troquets minables, nous le découvrons avec Nora, ses yeux d'enfant de la campagne, ses appréhensions et son innocence. C'est l'amour absolu qui la guide dans la capitale, qui dicte sa conduite et la rend incompréhensible aux yeux des autres, les gens normaux, rationnels et professionnels, incarnés par Boris. Lors de la conversation finale avec lui, l'ennemi, l'incarnation de la raison, on se « ratatine » avec elle, parce que nous avons conscience de sa logique illogique, son raisonnement absolu et incroyable: elle aime Charlie, jusqu'à se sacrifier, jusqu'à vouloir disparaître pour lui, pour le laisser libre, cet oiseau là, son oiseau à elle. Elle veut le libérer d'elle, mais est bien trop absolue pour s'y prendre de la bonne façon, et cet absolutisme aboutit à son martyre, inutile et triste car incompris et non reconnu.

Je m'oppose à ce qui est dit dans le 4ème de couverture, lorsque je vois « elle réapprend la liberté ». Non. Certes, Nora est prise dans la passion, elle adore, adule Charlie, mais son errance n'est en aucun cas une reconquête de la liberté. Bien au contraire, elle déambule, sans but, fantôme rural en milieu urbain, perdue dans un monde dénué de douceur et de tendresse, confrontée aux réalités violentes de la rue. C'est elle, certes, qui choisit de partir, de fuir le domicile de sa soeur, de parcourir la ville, c'est elle qui se retrouve à mendier la compagnie des révisionnistes de l'histoire et l'illusion d'une tendresse oubliée dans les bras du cracheur de feu. Mais on ne peut être libre que lorsque l'on est conscient, raisonnable, sûr de soir. Nora ne l'est pas. Elle est au contraire prisonnière, prisonnière de son amour fou qui est  à l'origine de sa fuite, et c'est parce qu'elle ne s'est pas libérée de son emprise qu'elle se perd peu à peu, de plus en plus. Nora n'est pas libre, car son âme et son corps sont dédiés à Charlie, elle n'existe que pour lui, et s'il faut qu'elle disparaisse afin que lui soit libre et qu'il soit heureux, alors elle le fera, de la façon la plus dramatique qu'il soit.

Opinion technique.

Gudule utilise un lexique et un vocabulaire simple, et ses dialogues sont fidèles à ce que l'on pourrait entendre. Pas de négation, des points de suspension pour retranscrire les hésitations et les non dits. Aucune difficulté.

Et la technique de narration est parfaite: 3ème personne, mais on approche plus du récit à la 1ère personne. L'accès aux pensées de Nora et de Charlie est direct, sans transition, et le récit l'est également, limité au possible. Pas de pompeux « Charlie en resta KO », mais plutôt « KO, Charlie ». L'écriture est comme Nora: simple et directe, franche et juste. Les émotions ne sont pas décrites, mais transitent par les raccourcis et les silences, et les pensées désespérées auxquelles le lecteur a accès. Nul besoin d'explication longue et ennuyante sur les raisons qui poussent Nora à fuir. Le ton est juste et touchant, et devient oppressant: trop de simplicité pour décrire la dégradation de l'état de Nora, trop d'innocence dans les phrases, trop de « direct » lorsque la réalité la rattrape. Boris est violent, par sa franchise mais on le comprend: il est normal. Il est comme nous. Sauf que lui n'a pas accès à la logique incertaine de Nora. Alors on ne peut pas lui en vouloir. Sans doute aurions nous les mêmes pensées, les mêmes déductions, et c'est ce qui met mal à l'aise.


Notation:

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28 août 2008

14. Partir, Tahar Ben Jelloun

(Fiche non terminée)

Résumé officiel.
La petite Malika, ouvrière dans une usine du port de Tanger, demanda à son voisin Azel, sans travail, de lui montrer ses diplômes.
- Et toi, lui dit-il, que veux-tu faire plus tard?
- Partir.
- Partir, ce n'est pas un métier !
- Une fois partie, j'aurai un métier.
- Partir où?
- Partir n'importe où, là-bas par exemple.
- L'Espagne?
- Oui, l'Espagne, França, j'y habite déjà en rêve.
- Et tu t'y sens bien?
- Cela dépend des nuits.

Opinion du Bloub.
Partir, c'est ce qu'on souhaite tous au fond de soi, à un moment ou à un autre. Partir d'ici, de cette ville, de cette maison, de ce pays. Partir et recommencer, ou même "commencer", pour certains d'entre nous. Partir et aller affronter de nouvelles difficultés pour nous sentir mieux, plus vivants, plus combattants, partir là où certes ce sera difficile, mais où beaucoup de choses seront alors possibles.
Ce livre est une mise à plat des rêves des gens. 

Notation.
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Posté par Eyndroth à 19:41 - B - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

09 juillet 2008

13. Le chat qui venait du ciel, Hiraide Takashi

                                       Bloub ne résume pas parce que l'officiel est très bien...

chat_qui_venait_du_cielRésumé officiel.
Voici un roman touché par la grâce, celle d'un chat "si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l'extrême.".
Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d'une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s'en trouver transformer. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a u chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu par l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que l couple va tisser avec ce chat qui se fond ans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe av une rapidité fulgurante au sommet de spins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, cr ce qui éveille en nous la beuté et appelle le bonheur est toujours en sursis;
Hiraide Takashi , qui est avant ot  poète, a insufflé une lumineuse et délicate magie à cette histoire u "chat qui venait du ciel" , son premier roman, largement autobiographique.

Extraits.
"Au fur et à mesure  que, chaque matin, ce geste se répétait, [la libellule] en vint à voler sans hésitation, et restait un long moment installée dans la cascade aérienne. Je tenais d'un livre que le mâle vit en solitaire, recherche le spoints d'eau et possède un terrain d'action assez étendu, et j'ai pensé que ce devait être toujours le même insecte.
"Tu es mon ami" , ai-je failli murmurer, et j'ai joué avec lui jusqu'à ce qu'il finisse par s'envoler. " p50

"Tout en haut, le ventre plaqué contre la moustiquaire comme une salamandre, il tendait le cou pour tenter d'apercevoir sa maison de l'autre côté de la palissafe. Mêùme dans son désarroi, il n'émettait pas le moindre miaulement.  (...) Depuis ce temps-là, nou sappelions cette posture de Chibi "l'appel du pays natal", et il nous est souvent arrivé d'évoquer cette attitude qu'il 'nest pas courant d'observer chez le commun de s chats." p.64

Opinion.
On se situe toujours dans mes achats "impulsifs" de livres et j'avoue que la 4ème de couverture m'a tout simplement ravie et enchantée, c'est pourquoi cette fois je n'ai pas pris la peine de résumer moi même. Cependant, comme je l'avais déjà remarqué, je suis et reste peu sensible à la littérature asiatique. ALors que j'adore la lngue japonaise elle même, les récits,les contes et légedes que j'ai déjà eu l'occasion de lire ne me laissent à chaque fois qu'une vague impression de mélancolie - nostalgie - douceur un peu mièvre. Est-ce dû à la traduction? Car je lis également Kazuo Ishiguro, en anglais, et n'ai pas cette sensation étrange. Bref quoiqu'il en soit, ce livre reste plaisant et j'ai souri quelques fois, car la dépiction du chat, et de la relation qu'il tisse peu à peu avec le couple est touchante. La fin est également très poétique. Cependant, ce n'est pas un chef d'oeuvre non plus, loin de là. Ou peut être que comme ce premier roman est apparemment "largement autobiographique", il reste difficile pour moi, qui ne connais pas du tout H.Takashi, d'apprécier pleinement la saveur de ces anecdotes. Agréable donc, mais sans plus.

Opinion technique.
Aucune difficulté. On note la présence presque obligatoire de mots en japonais, avec des notes explicatives puisque certaines "notions" ne peuvent être traduites correctement (je me demande d'ailleurs si à un moment lorsqu'il parle de destin ou destinée, je ne me souviens plus, le terme d'origine était "Itsuzen" qui allie cette idée de fatalité, de destinée, d'avanée inéluctable vers un objectif dont on est conscient ou pas, et si c'est le cas, une note là aussi aurait été plus appréciable plutôt que la traduction par "destin" tout simplement).
QUelques références aussi aux différentes "ères", une mesure du temps qui diffère au Japon (ils suivent les ères selon le règne de leur empereur malgré l'adoption fort courante de notre calendrier) mais toujours accompagnées de notes.
Ce qui reste "difficile", c'est de bien cerner, peut être, toute l'importance que revêt chaque geste, chaque objet dépeint par l'auteur. La sensibilité des japonais au bois, au jardin, aux mouvements effectués en ouvrant une porte coulissante, est en effet plu sprofonde que ce que peut le penser un occidental et j'ai bien peur que des subtilités ne me soient passées au dessus. Ceci dit, on comrpend l'oeuvre facilement aussi. La fin du livre est intéressante, la magie poétique s'y trouve à son apogée et si le livre ne m'apparait pas comme une oeuvre indispensable, cette fin le rend quand même intéressant.

Notation.
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Posté par Eyndroth à 09:21 - T - Commentaires [0] - Rétroliens [0]